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Brique de Terre Crue (BTC)

Pour renforcer l’aspect bioclimatique de la maison, nous avons choisi de réaliser la cloison principale du rez-de-chaussée en Brique de Terre Crue (BTC) chanvrée. Elle sépare les pièces de vie du sud (derrières les grandes baies vitrées) des espaces plus spécifiques (local technique, chambre, hall…) et reçoit directement les rayons du soleil l’hiver (mais pas le reste de l’année, car le soleil est trop haut). Cela devient donc de fait un mur capteur, c’est-à-dire un mur qui emmagasine la chaleur dans la journée et la restitue progressivement une fois le soleil couché.

La brique de terre crue a été choisie pour plusieurs raisons :

– en premier lieu, sa densité et donc sa masse. Plus un matériau est dense (par exemple la fonte), plus il peut stocker la chaleur et plus il la restitue longtemps/lentement. Chaque brique mesure 22×10,5×10,5 cm et pèse environ 5kg. A raison de 38 briques par m², avec un mur d’un peu plus de 20m², nous avons fait entrer autour de 4 tonnes de terre. Cela donne une idée des capacités de stockage…

– contrairement à la brique monomur (cuite) des murs extérieurs, la BTC a un très bon bilan environnemental. Matières premières locales (80% d’argile, 20% de chanvre, très peu d’eau pour la fabrication), pas de cuisson donc peu d’énergie consommée (électricité pour la presse, carburant pour l’extraction, soleil pour le séchage). Pour aller plus loin, on peut même les faire soi-même avec par exemple la terre extraite pour les fondations (si argileuse) et une presse manuelle de location. Faute de temps, nous n’avons malheureusement pas pu le faire et il faut donc rajouter le carburant du transport depuis la région toulousaine dans ce bilan.

– la terre est un très bon régulateur d’humidité. La vapeur d’eau que nous expirons, celle de la cuisine ou de la salle bain (en contact direct ou à proximité immédiate du mur) est donc absorbée si besoin (et restituée plus tard quand l’air est à nouveau plus sec). Cela ne nous empêche pas d’avoir une VMC mais il semble que certains adeptes de la BTC s’en passent sans problème.

– du fait de la densité de la brique, celle-ci apporte un bon confort phonique pour les bruits aériens, ce qui est intéressant pour la séparation cuisine / local technique et pièce de vie / chambre.

– l’esthétique différente, très « nature » est à prendre en compte. On aime ou pas mais avec les poteaux et le solivage bois, nous on adore… Les photos ci-dessous  vous donneront un aperçu (finition sans enduit, avec nettoyage soigneux à l’éponge après la réalisation des joints).

Pour la réalisation justement, c’est encore une fois Alain Thébaud (Terre Rouge) qui a été retenu. Avec en bonus les liteaux de porte en palis d’ardoise pour coller avec les ressources et traditions locales. Les gaines électriques sont passées au fur et à mesure au centre de la brique (passage foré à la perceuse) et les boitiers électriques sont encastrés dans l’emplacement créé à la scie cloche. Les briques viennent de la briqueterie Barthe S.A. Vous pouvez d’ailleurs consulter leur excellente page de présentation du Bloc de Terre Crue Chanvrée et leurs études techniques pour être incollable sur l’inertie et les concepts thermiques, hygrométriques, etc.

 

 

 

 

 

Fermacell is back

Chose promise, chose due, voici où nous en sommes ce mardi 20 juillet 2010.

Les plaquistes ont attaqué le chantier avec les grandes plaques sans découpe et ça avance donc très vite pour l’instant. Les pièces sont maintenant presque toutes délimitées, cela permet de bien comparer le prévisualisé (sur ordinateur) et le réel. Et d’avoir une idée plus précise des volumes.

Rien de technique à ajouter après l’article précédent, place donc à une nouvelle galerie !

Ferme à selle

C’est reparti pour un tour, pas de cheval mais de « fermacell » (solution au titre rébus de l’article, jeux de vacances obligent).

Les cloisons ont donc commencé à monter, sur le même principe que la désormais « traditionnelle » solution placo mais avec des variantes locales pour muscler un peu nos plaquistes (n’est-ce pas messieurs ?!). La technique : un rail métal sur une bande résiliante au sol (atténue les coups) , le même au plafond et entre une ossature bois (variante 1). De chaque côté, une plaque du fameux fermacell (variante 2). Selon le site officiel  » Les plaques FERMACELL sont composées uniquement de fibres de papier recyclé, de gypse et d’eau (sans ajout de liant supplémentaire), et sont pressées à très forte pression jusqu’à l’obtention d’un matériau stable et sans odeur ». Une composition intéressante pour la qualité de l’air intérieur mais aussi une plaque beaucoup plus lourde que la plaque carton-platre habituelle. Du coup elle est un peu plus délicate à déplacer (lourde et sensible aux chocs) mais plus rigide et résistante une fois en place et surtout bien meilleure au niveau phonique. Ajoutez à ça 40mm de laine de bois au milieu du sandwich (variante 3 à la place de la laine de verre ou de… rien comme dans notre location !!) et vous obtenez un confort acoustique bien agréable. (Pour voir le fermacell, il faudra juste attendre le prochain article….)

A côté de ces cloisons encore relativement classiques, une autre « cloison » plus particulière monte également. Pour ceux qui ont déjà entendu parler du projet en détails, c’est le fameux « mur de briques de terre crue ». Mettez de la terre argileuse, un peu de chènevotte (chanvre) et de l’eau dans une presse, compressez le tout et laissez sécher sans cuisson et vous obtenez une belle brique de terre crue chanvrée. Avantages : très peu d’énergie nécessaire à la fabrication, matériaux naturels et une brique très dense. C’est parfait pour en faire un mur capteur, qui stocke et restitue progressivement la chaleur du poêle ou des rayons du soleil d’hiver. Cerise sur le gâteau, cela régule aussi très bien l’humidité. J’en ferai aussi un article détaillé donc pour aujourd’hui, je vous laisse avec les images :